La construction des parcours scolaires et des choix d’orientation font intervenir de nombreux facteurs, rappelle Nadia Nakhili dans une étude (1) publiée par le Cereq (2). En jeu d’abord des facteurs individuels, au premier rang desquels la réussite scolaire, elle-même fonction de l’appartenance sociale, du genre ou de l’origine culturelle des élèves.

« A niveau scolaire équivalent, les élèves d’origine sociale favorisée visent en effet un niveau d’études plus élevé que les autres. A l’inverse, les élèves de milieu social défavorisé sont plus nombreux à envisager une sortie au niveau bac + 2. »

En jeu aussi des « effets de contexte » : « L’environnement scolaire va également intervenir sur des orientations déjà socialement marquées, souligne l’auteur. Il a un effet qui semble aussi important que celui de l’origine sociale ». Les choix d’orientation sont ainsi déterminés par le type d’établissement fréquenté. Les élèves des lycées favorisés ont près de 30 % de chances de plus de s’orienter vers une classe préparatoire que ceux qui sont scolarisés dans un établissement défavorisé, un pourcentage qui s’élève à 80 % quand le lycée héberge une CPGE.

Cette situation tient d’abord, pour Nadia Nakhili, à un « effet de pairs » : « les interactions au sein du groupe influent sur la manière dont les lycéens se projettent dans l’avenir ».

En cause également les pratiques des enseignants. « [Elles] sont, pour partie, liées au public auquel ils s’adressent. Selon l’établissement dans lequel ils exercent, les enseignants n’ont pas la même représentation de leurs élèves. Plus concrètement, ils formuleraient plus d’encouragements et seraient plus optimistes quant à la réussite des élèves dans les lycées favorisés », précise l’auteur. Or, poursuit Nadia Nakhili, « les enseignants [qui sont au cœur du processus de prise de décision sur l’orientation] sont de vecteurs importants de transmission de l’information sur les possibilités de poursuite d’études et sur les filières existantes ».

Et l’auteur, en conclusion, d’en appeler, pour réduire les inégalités d’orientation, à une intervention des pouvoirs publics sur « les différences inhérentes à l’organisation du système éducatif ».

Véronique GLINEUR


(1) « Orientation après le bac : quand le lycée fait la différence », Bref, n° 271, février 2010 .
(2) Centre d’études et de recherche sur les qualifications.