L’actualité nous rappelle trop souvent que notre société est traversée par une crise de valeurs et une banalisation de toutes les formes de violence. Certes les périls – démographique et économique – extérieurs aux établissements scolaires impactent le mode de l’éducation. Devons-nous pour autant céder à toutes les fièvres de l’actualité ? Ne devons-nous pas en protéger nos établissements ? Ne devons-nous pas travailler, dans la durée, à la préservation de nos élèves dans ce lieu de respect, de connaissance et de paix qu’est l’École ?
Entre des vents d’extrême-gauche prompts à réclamer la disparition du réseau de l’enseignement privé si utile pourtant au pays et des vents contraires d’extrême-droite qui, essaient de s’imposer via des formations nouvelles ou la recherche, au sein de nos réseaux, d’un entre-soi d’un autre âge, quel pari faisons-nous pour l’avenir ? L’action du Snceel est claire : œuvrer pour la jeunesse et le service rendu aux élèves et leurs familles. Les querelles de clochers ne doivent pas avoir leur place dans une École dont la réputation se fonde, non sur la médiatisation – par quelque moyen que ce soit – de ses engagements et de ses actions, mais sur sa capacité à accompagner chaque jeune qui lui est confié vers la réalisation de lui-même et de ses aspirations profondes pour la Vie.
Les premières vagues d’évaluations quinquennales ont prouvé que les établissements de nos réseaux fonctionnaient bien. La majorité des contrôles ont montré qu’ils assuraient leurs missions.
Le travail mené au quotidien par nos communautés dans le respect du caractère propre, conjugue l’excellence des formations que nous confie l’État et les valeurs et l’identité de notre projet éducatif fondé sur un sens de la personne.
Il en va de même dans les établissements non confessionnels que pilotent certains de nos adhérents et dont les projets visent à promouvoir des pédagogies spécifiques ou des particularités régionales linguistiques.
Nos préoccupations actuelles ne devraient-elles pas être centrées sur la capacité de nos établissements à répondre à ce qui est attendu d’eux, le bien-être des élèves et le climat scolaire, la qualité des formations – tant académiques que citoyennes – et non sur ce qui ce qui passe en dehors des structures dont nous sommes responsables ?
Porter haut nos valeurs, agir en éthique et en responsabilité sont des bienfaits pour les élèves qui nous sont confiés qui observent nos comportements et s’en inspirent.
L’École ressemble au monde que nous aspirons à construire. Un monde plus sûr qui porte en lui les germes d’un avenir serein. Un monde qui promeut l’honnêteté intellectuelle et spirituelle que nous défendons par le travail de nos communautés qui conjugue attention à chacun et préservation du tout.
Chefs d’établissement, sur lesquels la Nation se fonde pour faire grandir la jeunesse, nous sommes garants de cette vision du monde.
La noble mission qui est la nôtre nous impose de protéger nos « maisons » en laissant, derrière leurs murs, les guerres égotiques, idéologiques et politiques. Cultivons dans nos « maisons » qui abritent la promesse commune du vivre ensemble l’optimisme et refusons que la querelle s’installe en leur sein.
Jérémy TORRESAN
Président du SNCEEL